Tag Interview

Elina Sirparanta, photographe d’action

Mardi 23 Février 2010 - 7h00 / par Da Baronne dans Behind the scenes

Elina fait partie des exceptions féminines de la photo. À 28 ans, ce petit bout de bonne femme d’un mètre cinquante-cinq tout en muscles, porte un regard intimiste sur le Freestyle-Backcountry, discipline qu’elle shoote comme personne et qu’elle a vu évoluer. Elle en a d’ailleurs fait un beau livre, « Gravity ». Il retrace son histoire avec les riders, et dit son profond respect pour eux. Un livre classieux et moderne, comme Elina.

C’est une histoire d’amour qui a fait d’Elina une des photographes importantes du milieu de la neige, comme dans un roman. D’ailleurs, la littérature reste sa première passion ; portée sur l’absurde, elle voue un culte aux romans de Samuel Beckett. D’ailleurs, celle qui aime raconter des histoires se voyait plutôt écrivaine avant qu’elle ne croise un activiste du ski, le charismatique Julien Regnier. C’était pendant ses années lycées en 1997, à l’occasion d’un échange scolaire. Car Elina est finlandaise. Elle posera définitivement ses valises à la Plagne trois ans plus tard et commencera alors un long voyage dans la photo, voyage qui n’était pas prémédité. Les magazines et les vidéos de ski qui jonchent le studio de Julien et qu’elle dévore lui donnent le déclic : pourquoi ne pas s’essayer à la photo ? Avec les bases enseignées par Eric Bergeri qui lui apprend comment exposer, et des riders de calibre international et d’avant-garde comme modèles, la formation et la progression d’Elina se font en accéléré ! Elle commence par shooter dans le park de la Plagne avec un vieux Minolta et poursuit avec un argentique d’occasion, un Canon EOS 5. Elle passe au numérique en 2004 et affirme son style : les lumières fortes, les photos au flash dans le mauvais temps en forêt et le freestyle-backcountry, de préférence à Whistler, spot pour lequel elle a craqué.

La force d’Elina : l’écoute. Elle ne dicte en effet jamais sa loi ni n’impose quoi que ce soit aux riders. Elle a trop de respect et d’admiration pour eux : « parler avec les riders c’est presque le plus important car ils savent ce qu’ils veulent faire, ça m’a beaucoup aidé » confie-t-elle.

Ne lui proposer pas de lui porter son sac photo, malgré sa petite taille, c’est un concentré d’énergie. « Elle est incroyable, elle n’a que 28 ans, ça promet ! C’est impressionnant ce qu’elle se trimballe d’autant plus qu’elle n’arrête pas de marcher pour trouver le bon angle. En plus, elle est rapide, et tout le temps happy. » déclare Ludovic Strohl qui a shooté plusieurs fois avec elle.

Voici quelques photos extraites de son site www.elinaphoto.com, je vous laisse juger par vous même…

Une fille à suivre!

Kevin Rolland, champion des X-Games à Tignes.

Kevin Rolland, à Avoriaz.

Kie Petersen

Une fille garante de l’image de marque!

Lundi 8 Février 2010 - 17h30 / par heidi dans Behind the scenes

Aujourd’hui je vous présente Anne-Laure, Brand Manager chez Rossignol, une fille, aussi féminine que sportive, habituée à garder l’équilibre en terrain glissant. Elle évoque pour nous ses débuts au commande de la ligne ski women, ses défis, ses motivations, ainsi que son rôle actuel au sein du service marketing.

Heidi: Qu’est-ce qui t’a amené à travailler dans le milieu du ski ?

Anne- Laure: Je suis originaire des Alpes françaises, ce sont donc mes racines qui m’ont naturellement amené vers cet univers-là. Le ski est aussi un produit technologique et c’est un aspect qui m’intéresse. De plus cette industrie était encore au début de sa croissance concernant le développement des produits pour les femmes, il restait et reste encore beaucoup de possibilités et j’adore l’idée de faire avancer les choses.

H: Qu’est ce que la pratique du ski t’apporte?

AL: Difficile d’expliquer par des mots… c’est une question de feeling, d’émotions ressenties, la liberté que procure les sensations, le bonheur d’être au cœur de la nature…

Quelle est ta formation par rapport au marketing et au développement des produits ?

AL: Je suis licencié en marketing du sport, et diplômée d’un Masters d’ingénieur spécialisé dans le domaine des sports de glisse. J’ai également un PhD en stratégie marketing international dans la domaine du sport pour les femmes. Tout ça m’a amené à comprendre qu’il faut certes intégrer une distinction homme/ femme dans le processus de conception d’un produit, mais pas seulement. Il y a également des critères culturels et  géographiques à considérer qui sont souvent mis de côté pour des raisons multiples. C’est très intéressant d’observer comment la pratique du ski varie suivant la culture et l’histoire de chaque pays, et comment ces spécificités peuvent influencer le comportement du consommateur.

H: Quelles ont été tes premières expériences dans l’industrie du ski ?

AL: J’ai démarré comme chef de produit pour Rossignol Women pendant 4 ans, puis j’ai occupé le poste de Responsable marketing chez Roxy skis pendant 3 ans. Ce sont des métiers où l’on gère 3 collections à la fois.

H: Tu veux dire qu’à chaque instant tu travaillais sur 3 saisons différentes?

AL: En effet, celle dite N, de l’année en cours, comprenant les produits actuellement en magasin et qui implique des actions de formation des vendeurs et de service après vente. La collection N+1, qui à ce même moment est présenté aux magasins. C’est une étape importante où on recueille l’avis des détaillants, on collecte les tendances, on travaille sur les pubs.. La collection N+2, que l’on commence à développer à partir des retours que l’on a des riders et des consommateurs. C’est une étape très intéressante.

H: Quelle est ta fonction actuelle?

AL: Aujourd’hui, en tant que brand manager, je suis responsable du développement et de la conduite de l’identité de la marque Rossignol. Ma mission implique la mise en place et le respect d’un planning intégrant différentes tâches liées aux études de marché, à l’identité de la marque, à la présence dans les salons, la publicité, les outils d’aide à la vente en magasin, les promotions et événements spéciaux.

H: A quel genre de défis dois tu faire face ?

AL: Le challenge majeur est de poursuivre le développant d’une marque qui doit satisfaire une très large cible. C’est en effet une marque qui s’adresse à la fois à des catégories différentes : hommes, femmes, enfants, adolescent(e)s mais qui touche aussi des pratiques très différentes : Alpine twin-tip, Free, All mountain, Nordic, Surf. Sans compter, comme je l’ai évoqué précédemment, que chaque pays possède une culture bien spécifique. Quoi que nous fassions en matière de développement produit, de graphisme ou de communication, nous devons répondre aux besoins de ces différentes cibles, pratiques et cultures.

H: Est-ce que le fait d’être une femme, ou de travailler pour des produits femmes est un défi en soi dans un monde plutôt masculin?

AL: L’industrie du ski est plutôt macho, c’est vrai ! J’ai commencé chez Rossignol à l’âge de 23 ans et c’était le début du développement du marché du ski pour les femmes. C’était une épreuve de convaincre des gens de travailler ‘avec’ et ‘pour’ des femmes. On a fait beaucoup de progrès depuis. Le succès actuel prouve que l’on a bien fait de tenir bon à cette époque et de poursuivre le développement de produits spécifiques pour les femmes. Aujourd’hui je travaille avec une équipe aux Etats-Unis et une autre en Europe, et je travaille avec des femmes et des hommes. L’industrie doit encore s’ouvrir un peu plus à la façon de penser des femmes, mais j’ai le sentiment que ça vient…   

H: Qu’est ce qu’un produit femme ‘réussi’ selon toi?

AL: Des produits qui respectent parfaitement leur anatomie et leur morphologie. Des innovations vraiment utiles en terme de confort et de facilité d’utilisation. Mais aussi des produits résolument féminins en terme de design, de décor et de détails subtils. C’est notre chalenge au quotidien !

H: Quels buts te fixes-tu par rapport à ta carrière ou plus généralement au monde du ski au féminin ?

AL: Mon objectif majeur est de continuer à développer des produits et des marques qui répondent aux besoins et spécificités des femmes d’aujourd’hui. De rester proche de mes valeurs personnelles et plus globalement de soutenir les causes spécifiques d’une marque internationale. Ainsi je veux soutenir les femmes qui veulent s’impliquer dans cette industrie. Évidemment, les femmes et les hommes sont différents mais finalement ce qui importe plus encore c’est ce que l’on peut réaliser ensemble et avec convictions.

Derrière le décor

Mercredi 4 Mars 2009 - 1h52 / par heidi dans Behind the scenes

Armelle GAUTHIER, 36 ans, Directrice Artistique, oeuvre pour Rossignol depuis 2002.

Explique nous en quoi consiste ton métier de DA ?

Il consiste à définir des concepts puis à les mettre en image.

Quel est ton rôle dans le processus de développement des produits Rossignol ?

Je travaille avec un planeur stratégique. Cette personne a pour mission de détecter les tendances comportementales et stylistiques qui vont émerger dans deux ans. Elle travaille donc en amont et définit les thématiques que je vais ensuite essayer d’exploiter pour réaliser la déco des skis.

Quel est ton lien as-tu avec le modèle Attraxion VI Style  pour lequel tu poses et quelle a été ta source d’inspiration ?

J’ai réalisé son design graphique en partant du concept de Narcisse. Ce thème est le point d’ancrage d’origine que j’essaie de transcender avec une interprétation graphique stylistique. Ce qui m’a amené à avoir ce traité en aquarelle en partant de l’idée d’eau, de reflet. La silhouette qu’on devine sur le ski est là pour illustrer le thème. Le modèle Attraxion étant un ski riche au niveau des détails, ma traduction a été de mettre en scène une nature à la fois luxuriante mais assez transparente pour ne pas trop le charger. Je me suis inspirée d’illustrations de peintres classiques comme le douanier Rousseau, puis j’ai laissé mon imaginaire travailler !

Te retrouver mannequin d’un jour, comment as-tu vécu cette expérience ?

Vu ma taille (ndlr : 1m55), je n’aurais jamais imaginé faire le mannequin ! Pour moi qui ne suis pas à l’aise devant un appareil photo, c’était un vrai défi à relever.

C’était une nouvelle expérience riche, car ce contexte m’était inconnu, et forcément drôle. J’étais très curieuse de découvrir comment se passait ce genre de prise de vue.

Que penses-tu du concept d’associer les filles de l’ombre chez Rossignol à un produit et de les mettre en lumière ?

C’est d’abord gratifiant. Et puis c’est comme un aboutissement. Dans un contexte commercial, on donne un supplément d’âme en permettant à l’artiste d’aller au bout de son investissement dans le produit. Du coup, ça donne une espèce de réalité à l’ensemble avec le côté humain qu’on ne suppose pas forcément quand on voit un ski.

Tu ne te contentes pas de poser, tu as aussi peint le décor ?

Aujourd’hui on n’a plus ce rapport à la matière car on travaille sur des ordinateurs. Or pour moi qui ai un tempérament artistique, c’était comme un retour aux sources de peindre la fleur du décor sur le mur de cette usine désaffecté. Une belle expérience.

Qu’est-ce qui t’a marqué dans cette expérience d’égérie ?

Ce qui a été très drôle c’est quand la manucure a vu mes mains. Je fais partie des filles qui se soignent bien sûr, mais étant plutôt « nature », ça ne fait pas partie de mes priorités. Avec Laure, on avait bien déliré la veille sur la tête de la coiffeuse et de la manucure quand elles nous verraient et ça n’a pas manqué. En me voyant, la manucure s’est exclamée « m…. j’en ai pour une heure de boulot ! » ce à quoi j’ai répondu « c’est normal, mes mains n’ont jamais vu une manucure ! »

Tu te reconnais sur l’image ?

Globalement oui. Je trouve que c’est une façon d’écrire à l’extérieur ce que je suis peut-être à l’intérieur.

Que penses-tu du visuel final ?

Je l’aime beaucoup. On a réussi à traduire l’univers du ski et à mettre une ambiance très nature dans un contexte complètement urbain sans dénaturer l’esprit initial.

De l’autre coté du miroir

Vendredi 27 Février 2009 - 2h30 / par Da Baronne dans Behind the scenes

Laure JARLAUD, 31 ans, ingénieur environnement et prévention, travaille pour Rossignol depuis 2002. Elle pose aux cotés du nouveau ski Attraxion ECHO pour la prochaine campagne Rossignol Women.

Laure, en quoi consiste ton métier ?

La partie environnement consiste à faire en sorte de fabriquer des skis en polluant le moins possible. La partie prévention revient à éviter d’exposer le personnel de nos usines de production aux accidents du travail.

Rossignol s’implique donc depuis longtemps dans la protection de l’environnement ?

Oui, on ne le dit pas assez mais nos sites de fabrication sont certifiés ISO 14001. Cette norme environnement atteste que nous produisons tout en respectant la nature. Au niveau des produits, on fait aussi de gros efforts. On a par exemple supprimé le vernis sur 90% de nos skis. La laque à l’eau dite « hydrodiluable » remplace la laque au solvant, on choisit également des encres moins toxiques… Agir sur les matériaux protège non seulement l’environnement, mais aussi les travailleurs.

As-tu un rôle dans le processus de développement des produits Rossignol ?

Je suis entrain de lancer une démarche d’éco-conception encore plus poussée afin de véritablement quantifier nos émissions de CO2. Ça nous permettra de les comparer pour choisir les moins polluants et pourquoi pas, d’afficher à terme une étiquette carbone sur nos produits !

Quel est ton lien avec l’Attraxion Echo, le modèle de ski pour lequel tu es l’égérie ?

J’ai toujours poussé Rossignol à faire des skis plus écologiques et avec l’Attraxion Echo, on franchit une étape ! Son noyau en bois provient d’une forêt labellisée FSC. La fibre de lin, qui est une fibre naturelle, remplace la fibre de verre. Le ski Echo utilise 50% d’encre en moins et sa semelle est une semelle recyclée à 25%. On a aussi fait de la récup ; l’écusson en nubuck sur le dessus provient d’anciens stocks inutilisés !

Que penses-tu de l’idée d’associer des gens de l’ombre chez Rossignol à un produit et de les mettre en lumière?

Je trouve super de mettre en avant celles qui contribuent réellement au développement des produits femme pour présenter nos collections. C’est top de dévoiler les filles qui créent et fabriquent vraiment ces produits, ce ne sont pas des mannequins sortis de n’importe où !

Tu pensais un jour te reconvertir en mannequin en rentrant chez Rossignol, comment as-tu vécu cette expérience, les coulisses d’un shooting ?

Pas du tout ! Je n’en garde que du positif. C’était très sympa car ce n’est pas du tout un « monde » dans lequel je vis. Moi c’est plutôt les usines, les risques associés à nos sites de production, c’est très cadré et bien moins glamour ! J’ai adoré découvrir un univers artistique que je ne connaissais pas, le tout dans une bonne ambiance. C’était passionnant  de voir le décor de la pub se construire petit à petit ! Quand je vois l’image finale, je ne vois pas une image figée, mais les deux jours qu’on a passé ensemble et tout ce qu’il y a derrière. Pleins de bons souvenirs !

Pour ce visuel, on a un peu changé ton style, tu l’adoptes ?

Le jean, c’est quand même le vêtement de tous les jours dans l’entreprise. Et même si je ne porte pas forcément ce genre de forme, ça me ressemble quand même !

Tant que j’y suis, c’est possible d’avoir une manucure ? J’en ai seulement eu deux dans ma vie, une pour mon mariage et une pour cette prise de vue… on prend goût à se faire chouchouter !